La flamme des JO entourée de policiers, voilà l’image que les forces publiques auront été obligées de montrer au monde lors de son trajet à travers Paris.
Déjà, à Londres, ça a été tendu. Quelques militants ont tenté d’éteindre la torche avec des extincteurs… Mais là, Paris prend sa grande revanche sur Londres. La préfecture de police avait quand même prévu le coup : 100 pompiers en petites foulées, 100 policiers en roller, 65 motards de la gendarmerie, 32 véhicules de CRS, 160 gardes républicains, bref, il fallait montrer à la Chine qu’on était décidé à ne pas se laisser faire par RSF (va bien falloir les refourguer, ces centrales nucléaires). Mais… ça n’a pas suffi.


Le dispositif de la honte

Dès le départ, à 12h30, des manifestants sont “priés” de ranger leur drapeau tibétains (bah quoi, priés à coups de matraque ?). Même Marielle de Sarnez, chef de file parisienne du MoDem, s’est fait molester par les forces de police alors qu’elle brandissant un fanion de RSF. Regardez-moi ce beau bordel, filmé par un amateur vers Bir-Hakeim.




Une heure plus tard, un drapeau arborant les menottes en lieu et place des anneaux olympiques (le célèbre symbole de Reporters Sans Frontières) est hissé sur la Tour Eiffel. La torche n’avait alors fait que 200 mètres… Plusieurs fois de suite, la flamme est éteinte, la préfecture invoquant des “raisons techniques” (Gérard, meeeerde, on a plus de gaz !). Vers 14h50, une élue Verte, Mireille Ferri, est arrêté par la police alors qu’elle se baladait vers la Tour Eiffel avec un extincteur. Une demie-heure plus tard, le cortège de la flamme a été stoppé plusieurs fois, celle-ci remontée et redescendue du bus de sécurité, sous les huées de la foule, qui n’hésite pas à s’allonger sur l’asphalte, et en profiter pour faire connaissance avec les CRS. Pendant ce temps, des drapeaux de RSF sont hissés sur le Trocadéro, à la Mairie, sur les Champs-Elysées. Paris se soulève !



Puis, vers 16h30, les forces de sécurité et les reponsables olympiques décident de rompre avec la procédure : on remet définitivement la flamme dans le bus blindé, on change d’itinéraire, et diretion le Stade Charléty à moteur, et on oublie tous les porteurs de la flamme qui n’auront pas le plaisir de porter le symbole olympique. A ce propos, j’ai entendu Richardson (ancien champion de handball) déplorer ces incidents, “au nom de ces malheureux sportifs qui n’auront pas le plaisir de porter la flamme”. Bah oui, qu’est-ce qu’on en a à tamponner des Droits de l’Homme, quand des athlètes sont privés de l’immense honneur de porter la flamme ?
A l’heure où j’écris ces lignes, même la cérémonie à l’ambassade de Chine est purement et simplement annulée.

Maintenant la question est… La honte ou l’honneur pour la France ? Doit-on baisser le visage devant notre impuissance à organiser une cérémonie symbolique ? Ou au contraire être fier ?
La réponse est simple. Le peuple français sera toujours plus fort que l’oppression. Nous sommes le pays des droits de l’homme bon dieu ! Commment la Chine a-t-elle pu croire qu’on arriverait à faire traverser à la flamme tout Paris, ville qui a vu naître la Révolution Française ? Comment le pays organisateur des JO pensait qu’allait se passer la cérémonie française, alors que peut-être aucun peuple au monde n’est aussi démocratique que le nôtre ?
Je suis très fier de ce qui s’est passé à Paris, et je regrette de n’être pas Parisien et n’avoir pas pu aller montrer moi aussi mon désaccord avec la politique chinoise. Les manifestants pro-Tibet, ceux de RSF et tous les anonymes font honneur à la France : ils montrent à la face du monde que non, la France, je veux dire le peuple français, n’est pas d’accord, il ne veut pas de ces JO tachés du sang tibétain. C’est déjà une honte d’avoir attribué les jeux à Pékin (même si tout le monde sait que c’est une histoire de gros sous), mais le peuple a encore le droit de montrer son opposition, et comme à chaque fois, c’est dans la rue que ça se passe. Malgré un impressionnant dispositif policier, les Parisiens auront réussi à empêcher le déroulement normal, obligeant la flamme à couper court au cérémonial, pour arriver finalement à Charléty, honteuse, dans son bus blindé.
Nul doute que ces évènements feront le tour du monde, et les nations entières sauront à nouveau que la France est fière de son passé, et qu’elle est toujours le peuple qui a mené la Révolution. Nous ne pouvons qu’être immensément fier de ce qui s’est passé cet après-midi à Paris.
Merci RSF, merci les manifestants !