Ceci est un trackback au billet de Maître Eolas sur cette affaire du professeur de techno, devant comparaître en correctionnelle pour avoir giflé un élève qui l’a insulté de “connard”.
Je tiens à préciser que le blog de Maître Eolas est selon moi l’un des meilleurs de la blogosphère française. J’admire sa tâche de vulgarisation du droit, mais malheureusement même un avocat ne peut pas être parfait, surtout quand il n’a visiblement aucun lien avec le monde tourmenté des enseignants. Je ne lui en veux aucunement.

Une fois n’est pas coutume, je ne partage pas l’avis de Maître Eolas. Je suis moi-même fils de professeurs. Certains diront que j’ai parti pris, mais moi je dirais que je suis justement bien placé pour répondre.
Que dire d’une école qui pratiquait les châtiments corporels ? A-t-elle créé des générations de détraqués, d’élèves traumatisés qui deviendront par la suite des criminels en puissance ? A l’évidence, non. Au contraire, je pense personnellement que les enfants qui se sont pris des coups de règle sur les doigts sont devenus par la suite des adultes reponsables et équilibrés. En tout état de cause, ce n’était pas l’époque où des jeunes encagoulés prenaient d’assaut une gare parce qu’un de leur pote avait été contrôlé par les forces de police.
Ce n’était heureusement pas non plus l’époque où les parents SOUTIENNENT leurs enfants.

Combien de fois des professeurs (enseignant en collège) que je connais ont convoqué des parents pour qu’ils répondent du comportement INTOLERABLE de leurs rejetons (j’entends par là plus que les sempiternels devoirs non rendus qui deviennent habituels, mais bien le manque de respect absolu envers un professeur), et qui se retrouvent, lorsqu’ils ont la chance de voir les parents répondre à l’invitation, face à des individus tout aussi perdus que leurs enfants (dans le meilleur des cas) voire à des parents vindicatifs et qui défendent leurs gamins bec et ongles ?
En d’autres termes, mon gamin a bien raison de pas faire ses devoirs, parce que vos cours sont nuls, il a bien fait de vous répondre 14 fois en une heure, il a bien fait de rayer votre bagnole, etc. Je précise : tout ça, c’est du vécu.

Alors je ne peux que comprendre le comportement d’un pauvre professeur de techno qui vient donner son cours en espérant que son cours se passera bien et qui se fait insulter de “connard” par un môme de 12 ans. Il faut quand même replacer l’action dans son contexte. S’insulter entre adultes, je peux comprendre, mais qu’un gamin haut comme trois pommes adresse une telle insulte à un représentant de l’Education Nationale, un professeur, qui reste le creuset du savoir, ça me laisse pantois.

Maître Eolas, vous dites que le fait que le professeur ait répliqué par la violence va déséquilibrer le développement de l’enfant, ça me choque.
Selon vous, que va penser cet enfant qui insulte un professeur, et dont le père va porter plainte en UNIFORME de gendarme (tout le monde est bien d’accord que s’il y avait été habillé comme n’importe qui, ça aurait été tout à fait différent, c’est donc sciemment qu’il a affiché ostensiblement son appartenance au corps de la gendarmerie, et je trouve ça abject personnellement), que va penser cet enfant qui sait que ce professeur qu’il a insulté va passer en correctionnelle parce que ce dernier aura osé répondre à son insulte ?
En définitif, il insulte un prof, et ce dernier se retrouve en correctionnelle en qualité de prévenu. Je suis pas sûr du tout que l’enfant en tire la leçon qu’il ne faut plus insulter les professeurs, mais plutôt qu’on peut le faire en toute impunité.

Personnellement, j’aurais été à la place du gamin, je serais rentré à la maison et mes parents m’en auraient redonné une paire, de gifles, et ils auraient été devant le prof pour s’excuser et lui faire part de leur honte quant à mon comportement. Je suis pas sûr non plus que le papa gendarme en question ait tenu un tel discours à son fils.

Comme quoi, il y a vraiment des gifles qui se perdent.

Si je défends aussi vigoureusement les professeurs, je le fais en tant que fils de profs qui voit ses parents, année après année, de plus en plus dégoûtés de ce métier. Comme si se voir continuellement manquer de respects par ses élèves ne suffisait plus, les professeurs ont maintenant à affronter les parents desdits gamins ; ceux-ci ne vont plus dans le sens du prof, comme autrefois, mais bien dans le sens de leurs rejetons. Comment voulez-vous en ce cas inculquer une once de respect ? C’est tout bonnement impossible.

J’espère de tout coeur que cet enseignant sera relaxé, que la justice (à qui j’espère destiner ma vie d’ici quelques années) me montre qu’on témoigne encore en ce pays d’un certain respect du corps enseignant.

C’est lui qui apprend la vie à vos mômes, bon sang.